En dépit de l’intérêt bienveillant dont peuvent faire l’objet certaines marques et campagnes, la publicité souffre d’une perception globalement négative au sein de la population, comme le montre bien le plébiscite pour les bloqueurs de publicité, dont l’utilisation à l’échelle mondiale a augmenté de 30% en 2016.

Sur les plans cognitif et moral, les détracteurs de la publicité l’accusent de s’apparenter à un ensemble de techniques de manipulation, visant à laver les cerveaux et à réduire l’individu au rang de simple consommateur. Selon eux, la publicité n’est qu’une propagande pernicieuse et cynique qui veut pénétrer à l’intérieur de la tête des gens pour les persuader de consommer des biens ou des services dont ils n’ont en réalité pas besoin.

De manière plus générale, la publicité est dite contribuer à la société de consommation à outrance, avec toutes ses dérives : aggravation de la tendance à la mal-bouffe et à l’obésité, notamment infantile; pérennisation de conditions de production de masse précaires voire contraires aux droits de l’homme dans les pays en développement où de nombreuses entreprises externalisent leurs centres de production afin de bénéficier d’une main d’oeuvre à coût réduit; et enfin dénonciation des impacts environnementaux de la consommation de masse, alors que l’état actuel de la technologie ne permet pas de trouver de débouchés à tous les produits usagés et jetés.

Les critiques environnementales de la publicité sont d’ailleurs montées en puissance au cours des dernières années. Outre son influence sur l’accroissement immodérée de la consommation, l’industrie publicitaire est également dénoncée pour l’impact direct de ses productions sur l’environnement.

D’un point de vue politique et citoyen, la critique se concentre souvent sur l’aliénation par la publicité de l’espace public, envahi d’une surabondance de messages commerciaux qualifiée de pollution visuelle et cognitive.

C’est d’ailleurs souvent sur cet axe que se placent les actions les plus retentissantes des mouvements « antipub », qui vandalisent ou détournent les panneaux d’affichage publicitaire dans l’intention de libérer l’espace public.

C’est également dans cette logique que la ville de Grenoble a ainsi expérimenté la suppression de ses panneaux d’affichage publicitaire en 2014 pour remplacer les panneaux commerciaux par des messages faisant la promotion des activités associatives et culturelles.

Enfin, certains reprochent à la publicité son généreux recours aux clichés et stéréotypes en tous genres : la femme concocte de bons petits plats depuis sa cuisine accueillante tandis que l’homme prend sa voiture pour se rendre au bureau, les petites têtes sont presque toujours blondes, la consommation et plus généralement le confort matériel sont les clés du bonheur… Autant d’images auxquelles on reproche de sacrifier au politiquement correct la vérité du quotidien des individus, et de véhiculer des images non seulement erronées, mais également potentiellement nuisibles à la cohésion sociale.